Fiche métier — Coiffeur : le salon, les produits et la clientèle fidèle
Un salon de coiffure paraît simple à assurer : un local, du mobilier, des ciseaux. C’est l’inverse. Le métier combine un établissement recevant du public, des produits chimiques appliqués sur les personnes, de l’eau et de l’électricité partout, et un fonds dont la valeur tient largement à la fidélité d’une clientèle. Chaque élément appelle sa lecture.
Le local d’abord : ERP et dégâts des eaux
Recevoir du public crée des obligations, et les bacs de lavage font du dégât des eaux le sinistre le plus fréquent du métier, dans les deux sens : chez vous, et chez le voisin du dessous. Deux réflexes : vérifier que la responsabilité locative et le recours des voisins et des tiers sont correctement dimensionnés par rapport à l’immeuble, et savoir qui, du propriétaire ou de vous, assure quoi dans le bail. Cette répartition-là, écrite noir sur blanc, évite les conversations pénibles après coup.
Les colorations : la responsabilité qui touche les personnes
Réactions allergiques, brûlures du cuir chevelu, décolorations ratées : la responsabilité civile professionnelle d’un coiffeur couvre des dommages causés aux personnes, ce qui n’a rien d’anodin. Les points à contrôler : que l’ensemble des prestations réellement pratiquées est déclaré (lissages, extensions, barbier, soins), que les produits utilisés sont traçables, et que le protocole de touche d’essai existe et se pratique. En cas de litige, la différence se joue sur ces preuves de sérieux.
L’équipe, les indépendants en fauteuil, les apprentis
Le salon qui loue un fauteuil à une indépendante, accueille une apprentie ou emploie deux salariées mélange trois statuts aux conséquences différentes. Qui est couvert par la RC du salon, qui doit avoir la sienne, qui relève de quelles obligations sociales : cette cartographie mérite d’être posée une fois par écrit, surtout au moment d’une embauche ou d’une location de fauteuil.
Et vous, sans qui rien ne tourne
Dans ce métier, le chiffre d’affaires sort des mains du dirigeant. Une tendinite, un canal carpien, une épaule : l’arrêt du geste est l’arrêt du revenu. La prévoyance du chef d’entreprise, avec une définition de l’incapacité qui regarde votre métier réel et une franchise cohérente avec votre trésorerie, pèse plus lourd dans votre sécurité que n’importe quelle garantie du local. C’est la ligne à examiner en premier, pas en dernier.
— Synthia Yapo, Castres